Principes

LE JUDAISME LIBERAL   par le rabbin Yonathan Lévy   
PRINCIPES :    Attitude du Judaïsme Libéral face à la question : qui est juif ? 
Dans le monde orthodoxe d’aujourd’hui, c’est le principe de matrilinéarité qui prévaut. Pour le Judaïsme libéral, en 1962, le rabbin André Zaoui, diplômé du séminaire rabbinique de Paris et rabbin de la communauté libérale de la rue Copernic écrivait dans « L’enseignement libéral du Judaïsme » :« Le judaïsme libéral admet enfin que la qualité de juif par filiation du père aussi bien que par filiation de la mère, l’essentiel étant que les deux parents expriment leur désir d’élever et d’instruire leur enfant dans le judaïsme. Alors, l’enfant mâle est circoncis et devient membre de la communauté après avoir pris le bain rituel ». Ce qui prévaut à l’heure actuelle depuis 1986 (conférence Rabbinique du mouvement libéral anglais)
  • Le judaïsme est transmis culturellement et non pas génétiquement. Le processus de transmission est un processus d’éducation dans son sens le plus large (connaissance, croyances, valeurs, attitudes, idéaux, et surtout, sens de l’identification et d’implication).
  • La responsabilité de transmettre le judaïsme provient du Sinaï et incombe à chaque génération successive de juifs.
  • Le degré de transmission du judaïsme varie en fait de façon infinie. C’est pourquoi en réalité et non dans la loi, la judéité est une question de degré.
  • La définition halakhique traditionnelle du statut juif n’est pas la seule possible.
  • Lorsque deux parents sont juifs, on suppose que le judaïsme sera transmis aux enfants qui sont donc considérés comme juifs.
  • Lorsque les deux parents sont non juifs, on suppose que le judaïsme ne va pas être transmis aux enfants ; ils ne peuvent devenir juifs que par conversion
  • Lorsque l’un des deux parents est juif, il se peut que le judaïsme soit ou ne soit pas transmis. C’est pourquoi rendre le statut d’un enfant entièrement dépendant de celui d’un parent ou de l’autre, implique un degré d’arbitraire et creuse un profond fossé entre la réalité et la loi.
           Le statut des enfants : Le principe de matrilinéarité n’est pas satisfaisant car :
 1° Il n’est pas raisonnable et il est injuste que l’enfant d’une mère juive et d’un père non juif soit considéré comme juif même s’il a été élevé comme un non juif ; et cas inverse, que l’enfant soit considéré comme non juif même s’il a reçu une éducation juive.
2° Cela permet à une femme juive qui épouse un non juif de croire que ses enfants seront juifs automatiquement, et la libère de l’obligation de faire des efforts pour assurer une éducation juive à ses enfants.
A l’inverse, cela permet à un juif qui épouse une non juive de penser que ses enfants ne seront jamais juifs (à moins d’une conversion à l’âge adulte) et donc le décourage d’élever ses enfants dans le judaïsme. Face au taux élevé de mariages mixtes dans le monde juif européen, il a été décidé pour augmenter les chances que des enfants issus de ces unions, soient identifiés à la communauté juive, de faire de l’éducation le facteur décisif dans la détermination du statut des enfants issus de mariages mixtes, plutôt que de la paternité ou de la maternité.
Par conséquent :
  • l’enfant d’un père juif et d’une mère non juive est considéré comme juif sans besoin de conversion, s’il a été élevé comme juif.
  • L’enfant d’une mère juive et d’un père non juif, s’il a été élevé comme non juif, est considéré comme non juif et ne peut devenir juif que par conversion.
 Pour un enfant issu de mariage mixte, le processus se fait en trois étapes :
  • « A la naissance son statut est Safek, celui du doute, puisqu’il peut être ou on élevé comme juif ».
  • « Cependant nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour encourager les parents à élever leur enfant comme juif et à s’y engager formellement. S’ils le font, une telle déclaration d’intention de la part des parents, fait de l’enfant un juif par ‘Hazaka, par présomption. »
  • « Il revient alors aux parents de mettre en application leur promesse en donnant à leur enfant une bonne éducation juive, aboutissant à une Bar ou Bat Mitsva, ou à une confirmation (Kabbalat Torah vers l’âge de 16 ans). A ce moment, le statut juif de l’enfant devient Vadaï, définitif ; un certificat sera délivré à cet effet sur demande par notre conseil rabbinique. »
 En conclusion, à la question « Qui est juif ? », il est essentiel de proposer une alternative à une définition du judaïsme en termes d’exclusion.
Si le judaïsme a survécu de nos jours, c’est par l’enseignement, et parce que nos ancêtres ont su ouvrir ses portes à de nombreuses personnes qui rejoignaient notre peuple. Leurs enfants ont formé les maillons de la chaîne de la génération suivante. Exclure ces enfants dénote une vision ethnique du judaïsme étrangère aux principes éthiques qui l’animent. Sans oublier qu’une multitude (Erev rav ) a rejoint le peuple hébreu lors de la sortie d’Egypte
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