PARACHA DE LA SEMAINE: Ki Tavo

Cette semaine, nous lisons la Paracha Ki Tavo. Cette longue paracha a une caractéristique tristement connue, elle comporte des bénédictions, mais aussi et surtout 98 malédictions terribles. Il faut vraiment les lire et les comprendre.L’on se sent toujours un peu gêné à la lecture de ces malédictions. La peur nous saisit de façon évidente.Et il ne faut pas croire que ces paroles ne nous concerne pas, c’est vrai nous espérons que toutes ces malédictions ont déjà été vécues par notre peuple dans le passé… Et que cela ne se reproduira plus…Mais quand on lit “ Tes fils et tes filles seront livrés à un autre peuple ” (Devarim 28,32), comment ne pas penser à tous les parents qui ont vu leurs enfants s’éloigner ? Comment ne pas penser à tous ceux qui ont abandonné l’héritage de leurs parents pour aller se fondre dans un autre peuple ? Comment ne pas penser au fléau de l’assimilation ?Bien sûr, nous n’avons rien contre les autres peuples, dès lors qu’ils respectent notre foi et nos coutumes. Mais l’assimilation représente un danger pour notre peuple dans le sens ou notre histoire, notre culture et notre religion se perdent dans le mélange répété des autres nations.Elie Wiesel disait que « l’assimilation, c’est la solution finale sans les chambres à gaz. »Heureusement nous avons un renouveau dans le judaïsme, tant par un retour des fidèles vers la synagogue, que par l’arrivée de frères et de sœurs qui ont décidé de lier leur vie à l’héritage d’Israël, et de rejoindre le Peuple Juif.C’est pourquoi, dans les prières que nous ferons (au moins jusqu’à Yom Kippour), il faut demander à Dieu qu’Il nous aide à bien élever nos enfants, et que nous réussissions dans cette entreprise. Que nos enfants et tous nos descendants suivent les voies de la Torah…J’aime ce mot : ‘‘élever’’ nos enfants. Je le préfère au mot ‘‘éduquer’’. Car dans cette idée d’élever nos enfants, il y a toute la part de l’apprentissage, mais aussi la part de l’élévation spirituelle, c’est à dire la transmission de notre héritage.Bien évidemment, il faut aussi prier pour que tous les juifs éloignés, afin qu’ils reviennent vers les valeurs de nos pères.Nos pères, ce sont nos ascendants (papa, papi …), mais ce sont aussi nos patriarches : Avraham, Itshak, Yaakov.Pendant l’office de Roch ha Chana et de Yom Kippour, on demande dans la prière Anénou “ Réponds-nous Dieu d’Avraham ”… “ Celui qui a répondu à Avraham notre père… nous répondra aussi ”.Mais comment ose-t-on se “ recommander ” comme descendant d’Avraham ?Le maguid de Douvno nous rapporte une histoire : Un épicier avait 2 clients très fidèles. Le premier était riche, c’était le plus gros client du magasin (de la makolet !). Le second était pauvre, il achetait tout ce qui était bon marché. Et, bien qu’il allait chaque jour, comme le riche, faire ses courses, il dépensait très peu à la makolet.A la même période, les deux clients marièrent leurs deux fils, et invitèrent l’épicier. Ce dernier fit cadeau une grosse somme au fils du riche. Pour le pauvre, il fit un cadeau beaucoup plus modeste.Par hasard, le pauvre fut au courant de cette différence au niveau des cadeaux, il dit à l’épicier : “ Mon fils avait beaucoup plus besoin de cet argent que le fils du riche, il est pauvre comme moi ! ”L’épicier répondit : “ Sur tout l’argent que le Ciel m’envoie chaque mois, la moitié m’est envoyée par l’intermédiaire de ce riche client… et tu voudrais que je ne lui fasse pas un beau cadeau ! ! ”Lorsque nous demandons à Dieu de nous répondre, comme Il a répondu à Avraham, n’est-ce pas un peu présomptueux ?Avraham, c’est le riche (en Mitzvot) ; nous sommes les pauvres… Alors comment osons-nous ? Avraham méritait d’être exaucé ? Nous, est-ce qu’on le mérite ?En fait, si nous rappelons nos Pères, c’est justement parce qu’ils avaient des mérites. Si nous nous présentions avec nos propres mérites, nos bilans… qu’adviendrait-il de nous ?Mais nous avons des mérites objectifs … nous somme les descendants d’Avraham Itshak et Yaakov. Cela est incontestable…Et si nous revenons à nos valeurs, à la Torah, avec en plus les mérites de nos Pères, c’est sûr nous serons inscrits dans le livre de la vie. Shabbat Shalom de votre dévoué rabbi Yonathan