La cacheroute libérale

LA KASHEROUTE LIBERALE.   

Depuis la Bible jusqu’à nos jours les lois de la kasheroute ont beaucoup changé. On a tenté de leur donner de nombreuses explications à travers les âges, mais aucune n’est entièrement satisfaisante.
Certains libéraux fondateurs s’appuyant sur les écrits de Rambam ont considéré certaines de ces lois comme désuètes puisqu’ édictées pour des raisons d’hygiène.
Si tel était leur seul but, elles n’auraient sans doute plus de sens aujourd’hui.

La nourriture a toujours été considérée dans le judaïsme comme un don de Dieu et nous ne devons jamais la considérer comme acquise. Cette conscience de pouvoir manger à notre faim est particulièrement importante lorsque nous savons que des personnes meurent de faim dans le monde, et cela, parce que la nourriture est mal répartie par les êtres humains.

Les lois alimentaires nous aident à sanctifier notre vie. Il s’agit de penser à ce que l’on mange, de sanctifier le matériel et de l’élever au niveau spirituel.
Un temps d’arrêt est nécessaire pour prendre conscience de ce que l’on fait, de ce que l’on consomme.
Ce temps peut se situer au moment de l’achat et aussi au moment d’une bénédiction prononcée avant la consommation.

Si l’on part de cette définition, alors les aliments interdits n’ont rien d ‘intrinsèquement mauvais; ils sont simplement le résultat soit d’un consensus communautaire, soit d’un ordre divin qui sert à élever les êtres humains, à les rendre conscients.

La distance nécessaire entre le désir et sa réalisation peut être matérialisée de manière différente d’un individu à un autre, d’une kasheroute très stricte à une kasheroute très simple.
 

Les Juifs libéraux se sont toujours opposés à une attitude du « tout ou rien » dans tout système de lois.
Un consensus doit être obtenu au sein de la communauté afin de permettre à un plus grand nombre de personnes de participer à des activités communautaires.
Bien qu’une grande liberté soit laissée à chacun, des limites sont cependant nécessaires.
La kasheroute ne doit pas empêcher la convivialité, ni la rencontre de l’autre, non juif.

Certains mouvements tiennent à ce que les aliments soient uniquement manipulés par des Juifs durant toute la chaîne de production.

Les Juifs libéraux s’opposent fortement à ces attitudes d’exclusion injustifiables aux yeux de la tradition. Nous devons dénoncer la surenchère et les proportions démesurées qu’ont prises ces lois qui ne sont qu’une partie de la pratique juive et ne sont pas la substance fondamentale du judaïsme. Elles ne doivent pas prendre le pas sur l’éthique. L’essence du judaïsme ne se limite pas à la kasheroute.

A l’époque talmudique et post-talmudique, ces lois bénéficiaient d’une certaine flexibilité qui a disparu aujourd’hui.
Les rabbins discutaient par exemple de la possibilité d’absorber du lait avec de la volaille dans un même repas, l’interdiction étant de ne pas faire cuire un chevreau dans le lait de sa mère. (Exode 23 :19 ; Deutéronome 14 :21)

Ils prévoient de boire un verre d’eau, de s’essuyer la bouche ou de dire le Birkat Hamazon entre les deux catégories d’aliments.
Dans de nombreux pays, les autorités rabbiniques se disputent le pouvoir de désigner les aliments autorisés ou non, et aptes à être consommés, et ces controverses créent une confusion dans la communauté. 
Pour le judaïsme libéral, toute forme de kasheroute individuelle est respectée dans la mesure où elle est le résultat d’un choix réfléchi en connaissance des lois et non d’une absence de choix, par facilité ou ignorance.
La liberté de choix et la responsabilité laissés à chaque individu dans le judaïsme libéral implique une meilleure éducation de la communauté.
Les individus ne peuvent pas aller voir un rabbin ou consulter un livre pour y trouver des réponses toutes faites. Les rabbins doivent leur présenter différentes options, des choix à faire.