Le Chabbat libéral

LE CHABBAT LIBERAL.   

« Un jour en regardant par la fenêtre, le maître Hassidique Nahman de Breslev aperçu son disciple Haïm qui courait dans la rue. Rabbi Nahman ouvrit la fenêtre et invita Haïm à entrer. Il lui dit : « Haïm, as-tu regardé le ciel ce matin ? » « Non, Rabbin, répondit Haïm ».
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As-tu regardé la rue ce matin ? » « Oui, Rabbi ». « Dis-moi Haïm, qu’as-tu vu dans la rue ? »
-  J’ai vu du monde des charrettes et de la marchandise.
 
J’ai vu des marchands et des paysans qui allaient et venaient, qui vendaient et achetaient.» 
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Haïm, dit Nahman, dans cinquante ans, dans cent ans, dans cette même rue, se trouvera un marché. D’autres véhicules y amèneront les marchands et leurs marchandises. Mais je ne serai plus là et toi non plus. Alors je te le demande Haïm, pourquoi courir si tu n’as même pas le temps de regarder le ciel ? »
Le Chabbat nous invite à regarder le ciel, à penser au sens plus profond de la vie, à donner à la vie sa véritable signification. Il est un thème central de la vie juive.     
Le principe de sanctification du temps, lors de la création du monde apparaît dans la Bible (Genèse2 :3) : « Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu’en ce jour Il se reposa de l’œuvre entière qu’Il avait produite et organisée ».

Le mot « saint » en hébreu signifie « séparé » ou « différent ».
Le principe fondamental du Shabbat, septième jour de la semaine, est donc celui de la différence.
Nous devons quitter le monde du travail, de la production, arrêter la marche effrénée de la société de consommation pour dire au temps de « suspendre son vol » et réfléchir à ce que nous sommes, au sens de notre vie, et nous émerveiller des œuvres de la création.
« Six jours tu travailleras et le septième jour tu cesseras ton activité. » (Exode 34 :21)
 
Le Chabbat est le principe de liberté première : le travail n’est pas mauvais en soi, mais cette tâche doit s’interrompre un jour par semaine pour donner à la vie tout son sens.

Le Talmud a donné la liste des 39 travaux interdits le Shabbat en se fondant sur les travaux relatifs à la construction du Tabernacle et les activités agricoles du peuple.
Par la suite chaque code de lois a ajouté d’autres interdictions ; chaque découverte technologique a suscité parmi les codificateurs des débats sur son autorisation ou son interdiction le Chabbat.
Dès lors l’observance du Chabbat est devenue de plus en plus compliquée, les lois s’étant multipliées à l’infini.
 
Le judaïsme libéral tient à redonner son sens premier au Chabbat : un jour de joie d’étude et de prière, et à éviter de le limiter à un jour d’abstinences et d’interdits.  
Il se fonde sur cette phrase du traité Yomah 85b : « Le Chabbat a été remis entre vos mains, vous n’avez pas été remis entre les mains du Shabbat. »
   
Il tient compte de certains aspects de la vie moderne dans l’observance du Chabbat. Ainsi le jour du Chabbat il est particulièrement important de se rendre à la synagogue et de prier en communauté.
Aujourd’hui, il n’est pas toujours possible d’habiter près d’une synagogue. Il est donc préférable aux yeux du judaïsme libéral, de se rendre à la synagogue en voiture, plutôt que de ne pas y aller du tout et vivre un Chabbat dans la solitude.

De même, il est important qu’un Chabbat soit vécu en famille et que l’on rendre visite à des personnes isolées ou malades. Et pourquoi ne pas célébrer l’Oeuvre Divine et son Créateur au contact de la nature plutôt qu’enfermés entre les quatre murs de la civilisation ?
Dans ces domaines, chaque individu doit prendre ses responsabilités et s’efforcer de rendre « saint », différent, ce jour choisi entre les autres.