Traits principaux de la liturgie libérale

TRAITS PRINCIPAUX DE LA LITURGIE LIBERALE.   

 Le livre de référence sur ce sujet est celui de Jakob Petuchowski « Prayerbook Reform in Europe » (New York 1968). 

Le premier souci a été de redonner aux offices leur beauté et leur dignité pour pouvoir répondre aux besoins esthétiques des Juifs.
Il était essentiel qu’ils comprennent ce qu’ils disent, conformément à ce que prescrit la Halakha traditionnelle.
Les prières sont donc traduites dans la langue du pays, ainsi que la partie de la Torah et de la Hafarah lue chaque semaine ; un sermon est prononcé dans la langue du pays.
 
Les prières traditionnelles sont modifiées pour mieux correspondre à l’état d’esprit libéral : toute référence au retour aux sacrifices a été supprimée. Cette volonté a donc entraîné des changements dans plusieurs domaines :
  • l’attitude face à l’ère messianique ;
  • le problème de la résurrection des morts ;
  • le statut de la femme ;
  • le respect des non -juifs ;
  • une vision plus universaliste du judaïsme.
 Le mouvement libéral reste toujours très créatif dans sa liturgie et s’adapte aux fidèles. Des offices familiaux ont été composés, des offices d’accueil des nouveaux venus dans la communauté, des offices pour célébrer l’alliance des filles, des offices notamment pour Yom HaShoah, Yom Haatsmaout…Un autre souci qui a motivé ces modifications est la longueur des offices. Pour les offices de Shabbat et des fêtes, l’office de Moussaf a été supprimé puisque référence au culte sacrificiel.
Les répétitions inutiles ont été supprimées, celles du Kaddish et de la Amida par exemple. Les textes sont lus en général plus lentement pour permettre aux fidèles de penser à ce qu’ils disent.

Dans la plupart des communautés de Diaspora, les offices ont lieu aux mêmes heures toute l’année, d’une part de par la nécessité de prier « à des temps fixes », et d’autre part, à cause de la nécessité de prier en communauté. 

En ce qui concerne la lecture de la Paracha, un cycle triennal est adopté tout en maintenant la même Parasha que la grande communauté. La première année, le premier tiers est lu ; la deuxième année, le deuxième tiers, etc…
Ce cycle de lecture de toute la Torah sur trois ans est mentionné dans le traité Meguila 29b.
C’est à Babylone que le cycle annuel était utilisé. Lire un texte moins long permet une lecture plus lente, moins fastidieuse, ainsi qu’une compréhension plus aisée des textes.
 

Divers instruments de musique sont utilisés pour embellir les offices comme cela se faisait dans le Temple. (Chroniques 25 ; Tehilim 92).Le fait de jouer d’un instrument de musique n’est pas interdit le Chabbat ; c’est une activité qui augmente la joie du Chabbat et agrémente les offices.

L’idée selon laquelle la voix d’une femme détournerait l’homme dans sa prière (Sotah 48a) est considérée comme sexiste. A-t-on jamais pensé que la voix masculine pouvait détourner la femme dans sa prière ? C’est pourquoi les chœurs libéraux sont toujours mixtes et il existe de nombreux chantres qui sont des femmes. 

Le langage des prières dans tous les nouveaux livres de prières est neutre, c’est-à-dire ni masculin, ni féminin pour qu’homme et femme se reconnaissent dans les prières. Ainsi on préfère dire « Dieu de nos ancêtres » plutôt que « Dieu de nos pères », et les matriarches Sarah, Rivka, Rachel et Léah sont citées à côté des patriarches Abraham, Its’hak et Yaakov.